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2015 : La bibliothèque universitaire de Sussex

jeudi 16 avril 2015, par Sylvie Terrier

En cette après midi pluvieuse, je prends le train pour visiter l’université de Sussex, à quelques kilomètres de Brighton. Le paysage défile sous mes yeux. La ville de Brighton & Hove reflète bien ses 255 000 habitants, les maisons familiales serrées les unes contre les autres forment un dense tissu d’habitations. Rapidement le paysage change, remplacé par les collines des South Downs. Des champs, des vaches, une campagne paisible et verdoyante qui semble préparer le printemps.

L’université s’étend dans un creux de colline. Toute en brique, elle date des années 1961. Elle forme un bel ensemble homogène, composé de bâtiments administratifs et d’enseignement, d’un centre de vie, d’un supermarché, d’un restaurant et de nombreux logements pour étudiants. Les matières enseignées sont classées en douze départements, citons pour exemple : Sciences sociales et Éducation ; Business et management ; Informatique et Ingénierie ; Droit, Sciences politiques et Sociologie, Psychologie ; Média, cinéma et Musique…
(La photo ci-dessous qui présente les logements étudiants est exportée du site de l’université)

Au centre du campus se trouve la bibliothèque.

C’est la première fois que je parle d’une bibliothèque universitaire dans mon blog. De part son caractère innovant, elle a toute sa place et des ponts vont se faire naturellement avec le concept de troisième lieu que j’affectionne. Je souhaite cependant attirer l’attention sur le fait qu’en Angleterre l’université est payante : entre 7 et 8000 € l’année. On peut comprendre qu’une part des frais de scolarité est utilisée pour palier au coût de fonctionnement de la bibliothèque. Précisions aussi que la culture anglo-saxonne cultive le vivre ensemble et le respect des biens communautaires. Sans ces principes d’auto régulation et d’auto discipline, un lieu organisé comme nous allons le voir ne pourrait pas fonctionner.

L’accès se fait en gravissant un bel escalier qui mène à une double porte ouverte comme un livre. Une fois à l’intérieur il est facile de repérer le bureau d’accueil. Je me procure sans difficulté un « temporary day pass », un passe visiteur muni d’un code barre. Ce sera mon laisser passer mais aussi une trace de mon passage.

Les étudiants eux n’ont pas besoin de carte de membre. Leur carte d’étudiant suffit. En la passant sur le lecteur de code barre, ils sont identifiés, les portiques s’ouvrent. La technologie RFID (Radio Fréquence IDentification) permet d’identifier usagers et documents, d’utiliser les automates de prêts, de consulter le catalogue, de gérer les réservations et payer les pénalités de retard.

Le fonctionnement se comprend d’emblée : AUTONOMIE et FACILITE D’USAGE. A ce titre la première chose à mentionner est l’amplitude horaire. La bibliothèque est ouverte 24h sur 24, y compris le week end. L’accès aux collections et aux prêts automatisés fonctionne en PERMANENCE. En dehors des heures de bureau, le personnel est remplacé la nuit par un gardien qui régule les entrées et les sorties. Pour le reste, la technologie RFID veille.

En somme tout est pensé pour que l’étudiant se sente à l’aise, dans un ENVIRONNEMENT riche en ressources et propice au travail. Son confort de travail, la qualité du matériel mis à sa disposition (mac et ordinateurs dernière génération), l’accessibilité permanente au LIEU et aux COLLECTIONS rendent ce lieu extrêmement attractif.

La bibliothèque se déploie sur 3 niveaux, chacun associe collections de livres en plusieurs langues (anglais, allemand, français, italien, russe) et espaces de travail. Ce sont ces derniers qui retiennent mon attention. Soigneusement signalisés, leur fonction répond au besoin précis de chacun : Silent ; Quiet ; Social

La zone silent = zone silencieuse, est très impressionnante. Règne là un silence absolu, presque pesant. J’ai envie d’écrire « on entend le silence ». Isolés les uns des autres par des compartiments individuels, les étudiants travaillent, la plupart devant un pc ou un mac avec écran géant, fournit par la bibliothèque. L’éclairage est cru, comme pour aiguiser en permanence l’attention et la concentration.

La zone Quiet = zone tranquille, permet le chuchotage entre deux étudiants et le travail de groupe. La lumière est tamisée, il n’y a pas de boxe, le mobilier consiste en tables et sièges, certains espaces sont aménagés en cartel de travail, réservables à la demande.

La zone Social = Zone de convivialité, permet l’échange à voix haute et la discussion. Le mobilier se compose de canapés et fauteuils, de tables basses mais aussi de tables et chaises de travail hautes avec ordinateurs. Bien sûr il est possible d’utiliser son propre matériel, le wifi est de mise à tous les étages. Dans cette zone, il est permis de manger et de boire, la lumière tamisée invite à la convivialité ou au travail dans une ambiance « café ». Cette zone décorée de tableaux contemporains reste toutefois dédiée à l’étude (se détendre pour mieux travailler).

Les étudiants recherchent eux-mêmes leurs ouvrages dans les rayons en libre accès après être passés par l’opac et avoir trouvé la cote. Les ouvrages non retenus ou les livres lus sur place doivent être déposés sur des chariots, un personnel dédié les rangera. Je remarque qu’il existe très peu de personnel sur place et croise quelques « Student library ambassadors », des étudiant ambassadeurs rémunérés et régulateurs du lieu.

L’ensemble de la bibliothèque est accessible aux handicapés et comporte du matériel pour déficients visuels. A chaque étage une fontaine à eau et une station d’impression et de photocopie. Au rez de chaussée à « l’info hub » se trouve à disposition et en libre service tout le matériel nécessaire pour relier, agrafer, scotcher, composer ses propres documents.

Le prêt est possible sous trois formes : long (6 semaines), short (7 jours) et core. Un livre est considéré comme core quand il s’agit d’un usuel, d’une nouveauté. Le prêt ne dépasse pas alors 24h (23h59 exactement !). Les ressources en ligne sont accessibles sur place et à distance. Elles proposent 30 000 exemplaires de revues et 100 000 ebooks. La bibliothèque s’adresse également aux chercheurs.

Une collection de DVD fiction pour la détente est également accessible, durée de prêt une semaine.
Total d’emprunts possibles : 35 items, dont 5 items core.

Le rez de chaussée est aussi muni d’un « open learning space work shop » ainsi que d’un incubateur à talents. L’espace se transforme à l’occasion en salle de développement personnel, salle de préparation aux examens, préparation de candidature et aide à la recherche d’emploi.

Enfin la bibliothèque serait incomplète sans son café cafétéria (il est possible d’apporter son repas et de le consommer sur place) et sa librairie tenue par un libraire professionnel. L’étudiant y trouvera du matériel scolaire ainsi que tous les ouvrages nécessaires à ses études, il pourra même les commander sans avoir besoin de se déplacer.

Et pour finir ne partons pas sans avoir jeté un œil à la bibliothèque de livres rares et manuscrits, Special collections, riche d’auteurs célèbres comme Virginia Wolff et Rudyard Kipling.
www.sussex.ac.uk/library/specialcollections

Alors un troisième lieu cette bibliothèque ? Certainement. Grâce à ses horaires, son aménagement, sa fluidité, son parti pris de tout faire pour faciliter le travail des étudiants, elle offre un environnement qui répond à leurs besoins en ressources intellectuelles mais aussi un lieu d’interactions, un lieu qu’ils aiment et respectent, une sorte de cœur vivant au sein de la cité universitaire.

Alors oui, envie d’écrire pour conclure I love MA bibliothèque !

Informations pratiques :

University of Sussex
Sussex House, Falmer
Brighton, BN1 9RH
United Kingdom
Tel +44 (0)1273678163
www.sussex.ac.uk/library

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